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Les Français assis sur un tas d’or
La dernière étude EY réalisée pour Francéclat et l’UFBJOP dévoile le stock d’or détenu par les français deux fois supérieur à celui de la Banque de France !

Crédit photo : Francéclat
4000 tonnes d’or dorment dans nos tiroirs ! C’est ce que révèle l’étude de EY commandée par Francéclat et l’UFBJOP. Alors que le cours de l’or atteint des sommets et ralentit les ventes de bijoux en boutique, le recyclage de cet or dormant pourrait s’avérer être la solution pour relancer la filière bijouterie joaillerie.
Un patrimoine colossal entre les mains privées
Les Français détiennent un trésor insoupçonné : 4 026 tonnes d’or, soit près du double des réserves officielles de la Banque de France (2 437 tonnes). C’est ce que révèle une étude inédite menée par EY pour Francéclat et l’UFBJOP, auprès de 2 000 particuliers et 30 professionnels de la filière. Ce stock se répartit principalement entre les bijoux (1 634 tonnes, soit 81 % des objets détenus) et l’or d’investissement (2 392 tonnes, sous forme de pièces, lingots ou or papier). Pourtant, cette richesse reste massivement inégale : si 66 % des Français possèdent au moins un objet en or, la majorité (60 %) n’en détient que 10 à 100 grammes, souvent des bijoux du quotidien, tandis qu’une minorité (12 %) concentre plus de 100 grammes, incluant des pièces ou des lingots.
Un stock d’or dormant
69 % de ce stock est inactif : conservés à long terme, ces objets ne sont ni portés, ni vendus, ni donnés. Les bijoux sont les plus touchés (76 % inactifs), avec des alliances détenues depuis plus de 41 ans pour 75 % d’entre eux, et des pièces historiques comme les Louis d’Or ou les Napoléons, transmis de génération en génération. Les cessions restent rares : seulement 22 % des détenteurs ont déjà vendu ou donné de l’or, et 41 % de ces transactions datent de plus de cinq ans.
Trois freins majeurs expliquent cette inertie : l’attachement sentimental (48 %), la crainte de ne pas obtenir un prix juste (40 %), et la complexité fiscale (27 %). Comme le souligne l’étude, la revente est souvent vécue comme une rupture symbolique, tandis que la méconnaissance des circuits de rachat et la fiscalité perçue comme dissuasive paralysent les détenteurs.

Crédit : Francéclat, UFBJOP, EY
Une opportunité circulaire pour la filière bijouterie-joaillerie
Malgré un marché de l’achat atone (69 % des Français n’envisagent pas d’acheter de l’or), les bijoux conservent un attrait émotionnel fort : 22 % des Français en ont acheté, motivés par le plaisir esthétique (29 %), les occasions rituelles (24 %) ou les cadeaux (23 %). L’or d’investissement, lui, répond à des logiques patrimoniales (épargne pour 31 % des pièces et 38 % des lingots).
Pour la filière, ce stock dormant représente un levier économique et durable. L’or, recyclable à l’infini, pourrait être remobilisé via la transformation ou la refonte, offrant aux particuliers la possibilité de redonner vie à des pièces anciennes tout en dynamisant l’activité locale. Une piste vertueuse, alliant préservation du patrimoine et innovation.
Les conclusions de l’étude corroborent une tendance confirmée pour l’upcycling. L’or recyclé séduit de plus en plus de clients. D’ailleurs, face à la demande, certains acteurs se sont spécialisés dans ce type d’or. Et les bijoutiers multiplient des offres de reprise d’or en boutique.
Ainsi, pour des raisons économiques (trouver une alternative au cours de l’or) et idéologiques (recycler de l’or plutôt que de puiser dans les ressources naturelles), la remise en circulation de cet or dormant dans nos chaumières pourrait constituer un levier vertueux, économique et durable pour la filière.
À propos de Francéclat
Francéclat est le comité professionnel de développement économique des filières françaises de l’horlogerie, de la bijouterie-joaillerie et des arts de la table.
Dans le cadre de sa mission de service public, il rassemble 15 000 entreprises, de la fabrication à la distribution, et accompagne leur développement en France comme à l’international. Francéclat produit des données et des analyses de référence, soutient la création, facilite les échanges entre les acteurs et déploie des programmes collectifs au service de leur croissance.
Pôle d’expertises reconnu, Francéclat contribue au renforcement de la compétitivité de ces trois filières qui représentent 70 000 emplois, 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 1,6 milliard d’excédent commercial.
À propos de l’UFBJOP
L’UFBJOP est l’unique organisation professionnelle qui fédère, au niveau national, l’ensemble des acteurs de la filière sur toute la chaîne de valeur : négociants en pierres et perles, en métaux précieux, concepteurs-designers, créateurs, ateliers de fabrication, grandes maisons et marques de distribution.
En tant que syndicat professionnel, l’UFBJOP représente tous les acteurs du métier – TPE, artisans, PME, groupes de luxe – et porte les valeurs et les enjeux de la joaillerie française auprès des pouvoirs publics nationaux, des instances européennes et internationales, en assurant sa promotion et en contribuant activement à son développement et à la compétitivité du secteur.