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Bijorhca janvier 2026 : quelles sont les tendances à venir ?
Le Journal de la Bijouterie vous dévoile les tendances vues à Bijorhca ce week-end, celles qui pourraient bien avoir un impact sur votre business dans les prochains mois.

Crédit photo : YEMA
Le salon Bijorhca vient de fermer ses portes. Propriété de la BOCI qui en a confié l’organisation à l’opérateur WSN (lire notre interview de Sylvie Pourrat, directrice du développement de WSN), le salon est le rendez-vous incontournable des professionnels de la bijouterie. L’édition de janvier est particulièrement suivie, elle augure les tendances de l’été prochain et les exposants, comme les visiteurs, peuvent dresser un bilan de l’année écoulée.
Chaque session révèle de nouveaux exposants, peut-être parmi eux les futurs best-sellers de demain. Au fil des rencontres et des conversations, les nouvelles tendances émergent. Voici ce qu’il faut retenir de Bijorhca selon Le Journal de la Bijouterie.
Les bijoux tissés
La technique de tissage de perles très fines revient en force dans les collections de bijouterie fantaisie. Elle est très présente dans les marques d’entrée de gamme, qui utilisent une main d’œuvre offshore minutieuse et bon marché. Mais on commence à en trouver chez des marques plus qualitatives comme BELLE MAIS PAS QUE ou encore la jeune marque SANTIBE, sur des bracelets ou des boucles d’oreilles oversize aussi légers que spectaculaires.

SANTIBE

BELLE MAIS PAS QUE
Les diamants de synthèse
Et si les diamants de synthèse trouvaient leur clientèle dans la bijouterie fantaisie et non la joaillerie ? A en croire les essais malheureux ces dernières années (fermeture de la marque Lightbox de De Beers, liquidation judiciaire de Courbet) on peut douter de l’avenir de ces diamants, dits de laboratoire par certains, dans la joaillerie. La marque belge LOVELAB en a en tout cas fait le pari. Telle une comète, elle s’est imposée en moins d’un an sur ce segment de marché encore peu investi.
Les bijoux figuratifs miniature
Les charms et les breloques racontent une histoire. En résine chez LITCHI et en porcelaine chez NACH, des animaux, des fruits, ou encore des fleurs s’animent dans un univers onirique sur des colliers, des bracelets, des bagues ou des boucles d’oreille. Un vrai retour en enfance avec des bijoux joyeux qui célèbrent la joie des petits bonheurs.

LITCHI
Les bijoux personnalisés et sur-mesure
La personnalisation est toujours présente sur le salon. Créer son bijou, ou avoir la possibilité de le modifier à sa guise, est une demande qui n’est pas près de disparaître. Deux marques ont retenu mon attention pour leur approche novatrice du bijou personnalisé.
NEMES : son logiciel maison permet de conceptualiser le bijou de ses rêves en 3D avant de lancer la fabrication. Une proposition très aboutie qui allie nouvelles technologies et bijouterie, en BtoC et maintenant en BtoB.
LES CABOCHES : le créateur fabricant a imaginé 12 formes de bagues et 7 paires de boucles d’oreille, personnalisable avec 36 couleurs de cabochons amovibles. Un système plus traditionnel qui répond à l’envie de changer de couleur en fonction de son humeur ou de sa tenue.
Upcycling et détournement
Le bijou se réinvente en permanence et les créateurs puisent leur inspiration dans la vie quotidienne. D’où une créativité débordante qui se concrétise par des collections étonnantes utilisant des matériaux inattendus. Ainsi, la marque SING A SONG, crée à Marseille des bijoux en corde de guitare et corde de basse. Le résultat est très esthétique et se décline en bijoux pour toute la famille. Quant à la marque TWICE, elle propose une approche originale du luxe durable en recyclant des boutons issus des grandes maisons de luxe en bijoux : le bouton devient médaillon monté en pendentif ou en bracelet.
Les nouveaux modes de vie inspirent également les créateurs. C’est le cas des deux fondateurs de BIJU. (Contraction de BIJou Utile). Leur concept est simple : proposer un bracelet transformable en support de smartphone. Bien plus qu’un accessoire de mode, le bracelet au design contemporain, s’adapte à nos modes de vie contemporains et permet de joindre l’utile à l’agréable.
Enfin, LITCHI vient de nouer un partenariat avec L’EGGSTRA pour le moins inattendu : un bijou conditionné dans un vrai œuf de poule désinfecté et reconstitué à neuf. Une fois cassé, l’œuf révèle à l’intérieur un bijou personnalisable à l’envi. De quoi imaginer de belles surprises pour les fêtes du printemps.

TWICE
La fantaisie chez les HBJO
Enfin, s’il est une tendance lourde constatée sur le salon Bijorhca ce week-end, c’est la présence de plus en plus forte des marques dites de fantaisie dans les magasins HBJO. Ce phénomène s’explique aisément par de nombreux facteurs :
Le prix de l’or atteint des sommets historiques, rendant inaccessible une bonne partie de leur offre auprès d’une clientèle condamnée à s’orienter vers d’autres bijoux moins précieux.
Les marques de luxe ont revu leur stratégie de distribution et boudent certains distributeurs, ou plutôt certaines villes, ou décident d’implanter un magasin en propre, entrant en conflit avec un réseau déjà présent dans la ville.
Certaines marques de bijouterie fantaisie haut de gamme ont su s’imposer et se rendre désirables, légitimant leur présence dans une boutique HBJO et apportant une touche de mode à côté d’un univers plus classique.
Cette tendance est une véritable manne pour de nombreuses marques qui y trouvent un nouveau segment de marché, soit pour une gamme, soit pour l’ensemble de leur collection.
Cette nouvelle édition hivernale de Bijorhca nous a démontré une fois de plus la faculté d’adaptation du secteur et la créativité des acteurs. Le bijou reste un objet de désir mais aussi une source inépuisable d’inspiration mêlant l’innovation et la tradition. En tout cas, un ornement qui n’a rien d’accessoire.

LUCAS JACK

IRENE D’ARLOZ